Au fil des jours

La tuile,

Nous sommes le 14 mai et dans près de dix jours quelque 380 millions d’Européens se rendront aux urnes.

Trois cent quatre-vingts millions d’électeurs ? Peut-être pas. Le vote n’est pas obligatoire partout comme il l’est en Belgique. Ce obligation n’empêche pas un bon trente pour-cent des Belges de ne pas voter. Cela fait près de vingt ans que je fais partie de ces abstentionnistes que l’on menace avant chaque élection d’amendes pour manque de civisme. Je n’ai jamais reçu le moindre bulletin de virement. Donc je ne m’inquiète pas.

Si je ne vote pas ce n’est pas par manque de civisme ou par fainéantise mais bien parce que je ne sais vraiment pas pour qui voter. Ce n’est pourtant pas faute de ne pas vouloir: à chaque fois j’épluche les programmes électoraux de tous les partis et à chaque fois je fais les mêmes constats:

  • suite de promesses sans lendemain (du travail pour tous, moins de taxes, le bonheur assuré…)
  • grandes déclarations d’intentions (on va faire ceci, on va faire cela, mais on ne dit jamais comment et encore moins avec quel fric)
  • beaucoup de populisme (hé oui…), des simplifications abusives et de la langue de bois quand par miracle une question se fait un peu plus précise ou incisive.

Bref, toute personne qui réfléchit un peu arrive à la conclusion qu’il n’est décemment pas possible de voter pour ça!

Passé ce cap qui dure en général de 10 à 15 jours la campagne s’enfonce invariablement dans la critique des autres partis et candidats et tout ce qui est nouveau est déclaré fasciste, extrémiste, populiste ou tout à la fois. Petits mots et insultes fusent de toutes parts et font les gros titres de la presse. Le niveau qui n’était déjà pas génial touche le fond et ne décollera plus de là jusqu’au scrutin libérateur.

Un peu dégoûté par les grands partis « traditionnels » je jette quand même un coup d’oeil aux offres alternatives mais hélas, je dois bien dire qu’en Belgique les petits partis n’offrent pas grand chose de réaliste. C’est même souvent pire qu’avec les grands. Ce qui n’est pas peu dire ! Donc je ne vote pas.

De guerre lasse je pensais au moins pouvoir rester chez moi ce dimanche là, mais voilà, j’ai reçu un courrier officiel dans lequel j’ai appris avoir été choisi comme assesseur…

Moi ? Assesseur ? Je n’en reviens toujours pas. Je ne suis pourtant pas un citoyen modèle. Ils ont dû se tromper quelque part, c’est pas possible autrement. Ou alors faute de candidats ils ont décidé de me prendre.

J’ai longtemps hésité puis j’ai décidé de ne pas boycotter le truc. On verra bien ce que ça donnera. Et puis quand même, quand l’État vous offre un job rémunéré ça ne se refuse pas… Pensez, 27 Euros pour la journée c’est plutôt bien payé.

Non ?